Le maire de Saint-Prix dénonce les conditions d’accueil des migrants afghans en jouant au foot avec eux

 

 
Samedi 24 septembre 2016, à 14h30, la municipalité de Saint-Prix a organisé un tournoi de football entre les migrants afghans qui sont hébergés sur son territoire et des élus et des associations de Saint-Prix. Le maire de Saint-Prix, Jean-Pierre Enjalbert, dénonce l’attitude de l’État envers les maires concernant l’accueil des migrants.

Depuis le mois de novembre 2015, une soixantaine de migrants afghans ont été placés par les services de l’État au CPCV de Saint-Prix. Le 25 janvier 2016, la municipalité, qui n’a pas été consultée sur l’opportunité de cet accueil dans la ville par l’Etat, a organisé une rencontre avec les encadrants et les migrants pour mieux comprendre la situation. Aujourd’hui, elle contribue à faire en sorte que les relations entre ces immigrants et la population se déroulent dans le climat le plus apaisé possible, notamment en organisant cette activité sportive propice aux échanges.

Cette rencontre de football entre Afghans et Saint-Prissiens a été également l’occasion, pour la municipalité, de dénoncer l’incohérence de l’État. «Alors qu’il répartit arbitrairement les migrants dans les communes de France sans jamais consulter les maires – et en laissant les élus locaux gérer au mieux cet afflux de population étrangère sur son sol -, le gouvernement impose des règles toujours plus strictes de création de logements sociaux qui ne tiennent aucun compte de cet accueil ! Une situation totalement incompréhensible et profondément injuste.»

Jean-Pierre Enjalbert appelle donc le Premier ministre à faire bouger les lignes pour que soit enfin reconnue l’action des communes qui subissent les conséquences, sur le terrain, d’une politique migratoire subie.

Qui sont ces migrants afghans ?
Ces Afghans ont, pour la plupart, fui leur pays. Après une marche éprouvante de plus d’un an, ils sont arrivés à Paris à l’été 2015. Ils ont occupé divers lieux de la ville de Paris, notamment un lycée du XIXème arrondissement et le boulevard de la Chapelle. Expulsés par la police, ils ont été relogés dans divers centres d’accueil en France dont le CPCV de Saint-Prix en novembre 2015.

Pour la plupart, ce sont de jeunes hommes de 20 à 25 ans. Ils sont dans l’attente du statut de réfugié qui leur permettrait de rester en France. Durant ce laps de temps, ils sont hébergés et nourris par le CPCV et apprennent le français avec l’espoir de trouver un travail une fois leur situation régularisée.

Quand le gouvernement enfonce les communes de bonnes volontés au lieu de les aider.
Avec le projet de loi "égalité et citoyenneté", l’objectif du gouvernement est d’améliorer la mixité sociale dans l’habitat, notamment, en jouant sur l’attribution des logements sociaux et en durcissant l’application du pourcentage minimum de logements sociaux dans les communes (article 55 de la loi "solidarité et renouvellement urbains", SRU).

«Or, ce texte ne me semble pas aller dans le bon sens, et surtout ne favorise en rien le logement social dans nos communes.», remarque le maire.
Et d’ajouter : « Tout d’abord, l’hébergement d’urgence qui constitue un effort de mixité social majeur est aujourd’hui exclu de la "comptabilité du logement social". Cette situation est bien contraire à l’esprit de la loi visant à favoriser la mixité. Ainsi, Jean-Pierre Enjalbert préconise qu’ « un logement social d’urgence soit équivalent à deux logements locatifs sociaux » dans la future loi.»

«Par ailleurs, certaines communes sont actuellement désignées pour l’accueil de migrants. Il est indispensable de retenir cet effort en intégrant également cette réalité « une place d’accueil migrants = 3 logements locatifs sociaux ».

Photo et texte (sauf titre et châpo) : service communication de Saint-Prix


 
 
 
 
 

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