Touche pas ma ZEP !

 


 
L’annonce de l’arrêt des ZEP et de l’éducation prioritaire a mis les enseignants en grève. Dans un communiqué émis par les enseignants avec le soutien de syndicats, ils dénoncent cette situation.

«Au moment de la réforme de la carte de l’éducation prioritaire, seule une liste des collèges REP et REP+ a été publiée. La Ministre de l’éducation, Najat Valaud-Belkacem, précisait alors qu’une liste des lycées serait publiée ultérieurement. Cette annonce a sans cesse été repoussée depuis.

Or, à deux reprises, d’abord dans une réponse à un courrier au député Sébastien Pietrasanta, puis en réponse à un courrier du maire de Nanterre, Najat Valaud-Belkacem a signifié la fin de l’éducation prioritaire en lycée. D’abord en évoquant un cadre de l’éducation prioritaire qui s’arrêterait à la fin de l’éducation obligatoire (sous-entendu « exit les lycées »), puis en évoquant une « clause de sauvegarde » pour les lycées anciennement éducation prioritaire qui prendrait fin à la rentrée 2017. Le plus choquant dans ces annonces est qu’elles sont faites en catimini : ni communiqué de presse, ni conférence de presse de la Ministre…

A contrario, la ministre a annoncé l’allongement de la scolarité en la rendant obligatoire jusqu’à 18 ans. Les conséquences de la sortie de l’éducation prioritaire seraient extrêmement claires pour les lycées concernés : baisse des moyens et hausse des effectifs par classe, fin des bonifications pour les mutations et des primes liées au statut ZEP de l’établissement. Toutes ces évolutions dégraderont les conditions d’apprentissage des élèves des lycées éducation prioritaire majoritairement issus de milieux populaires : les effectifs par classe augmenteront, les cours en demi-groupe seront moins nombreux et la fin des bonifications risque de conduire les enseignants les plus expérimentés à faire jouer leurs points de mutation, laissant dans ces établissements une majorité de collègues inexpérimentés.

Par ailleurs, il est incompréhensible de considérer que l’éducation prioritaire puisse s’arrêter à la fin du collège. Les lycées qui étaient classés ZEP recrutent dans des bassins où l’essentiel des collèges sont classés REP ou REP+. Les difficultés sociales et scolaires des élèves ne disparaissent pas par magie à l’issue du collège. Le soutien particulier dont bénéficient les élèves en primaire et au collège lorsque leur établissement est classé en éducation prioritaire disparaîtrait de fait dès leur entrée en seconde, au moment même où ils se préparent au baccalauréat et font des choix cruciaux pour leur orientation dans l’enseignement supérieur.

Les lycées en éducation prioritaire se mobilisent donc pour réclamer la publication d’une liste de lycées relevant de l’éducation prioritaire. La mobilisation a commencé au printemps dernier avec l’organisation d’une « garden party de l’éducation prioritaire » devant le ministère le 18 mai 2016 qui a réuni 200 professeurs de différents lycées de région parisienne. A la rentrée, les professeurs du lycée Joliot-Curie de Nanterre (92) ont décidé de se mettre en grève reconductible. Ils ont manifesté avec les parents d’élèves le samedi 17 septembre à Nanterre.
Grâce à ces actions, la Ministre a déjà fait évoluer son discours puisque dans une réponse aux enseignants de ce lycée, elle déclare que « les critères d’allocation des moyens pour les lycées en éducation prioritaire ne sont nullement remis en cause. De plus le texte, garantissant les indemnités spécifiques pour les enseignants de ces lycées fera l’objet d’une prorogation ».

Mais ces annonces demeurent très floues. Cette semaine, tous les lycées qui se sont constitués en un collectif « TOUCHE PAS MA ZEP ! » vont envoyer une demande d’audience collective auprès de la Ministre. Ils ont tous signé un appel « Touche pas ma ZEP » qui sera joint au courrier.»

Le collectif « Touche pas ma ZEP » est constitué des lycées :
Joliot Curie de Nanterre (92), Guy de Maupassant de Colombes (92), Romain Rolland de Goussainville (95), Simone de Beauvoir de Garges-lès-Gonesse (95), Prony d’Asnières-sur-Seine (92), Maurice Utrillo de Stains (93), Arthur Rimbaud de Garges-lès-Gonesse, Langevin-Wallon de Champigny-sur-Marne (94), Jacques Brel de La Courneuve (93), Georges Brassens de Villeneuve-le-Roi (94), André Malraux de Montataire (60), Jean Jaurès d’Argenteuil (95), Romain Rolland d’Amiens (80), Léonard de Vinci de Bagneux (92), Paul Langevin de Nanterre, Jean Zay d’Aulnay-sous-Bois (93), Galilée de Gennevilliers (92), Marcel Cachin de Saint Ouen (93), Michel-Ange de Villeneuve-la-Garenne (92), Jean Jacques Rousseau de Sarcelles (95), Jacques Feyder d’Epinay-sur-Seine (93), Jean Rostand de Villepinte (93), Claude Garamont de Colombes, Louise Michel de Nanterre…

Avec le soutien des organisations syndicales : CGT éduc’action Créteil et Versailles, SNEP-FSU Versailles, SNES-FSU 92, SNUEP-FSU Versailles, SUD éducation 92 et le syndicat lycéen UNL Ile-de-France.


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